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lundi 06 septembre 2010
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au pays des abers, voyage au bout de la terre
lundi 17 mars 2008
par Annette Vezin

Aber Wrac’h, Aber Benoit, Aber Ildut, à l’extrême pointe du nord Finistère, quand la mer remonte dans les terres de ces trois estuaires, se dessine un étrange paysage aquatique à figure variable au gré des marées.

vue aérienne des abers
S’y rendre

Paris-Brest en TGV, 4h40 environ à partir de 100€

Dormir

Castel Régis à Brignogan

Préciser chambre sur mer

Tél 02 98 83 40 22
www.castelregis.com

Villa des anges au port de l’Aber’Wrac’h

Demander la chambre 11

Tél 02 98 04 90 04

www.baie-des-anges.com

Déjeuner

La Corniche à Brignogan

Tél 02 98 89 81 99

Brasserie les Alizés à Roscoff

Face à la mer, une cuisine légère et parfaite poisson et crustacés

Tél 02 98 69 75 90

Dîner

Auberge du Pont à l’Aber’Wrac’h

Tél 02 98 04 16 69

www.aubergedupont.com

Moins connu que le sud du département -ici point de Pointe du Raz pour attirer des hordes de touristes, point de Quimper ni de Concarneau- le pays des abers bataille pour se faire reconnaître. Un publiciste en mal d’inspiration a cru bon de baptiser la région « le pays des légendes ». Les maçons, les crêperies, les cafés sont donc tous devenus légendaires. Il faut dire que les légendes ne manquent pas. Celle du Pont du Diable, sur l’aber Wrac’h est particulièrement plaisante, qui raconte que le vieux meunier Uguen se lamentait d’avoir à remonter chaque jour l’estuaire pour passer d’une rive à l’autre. Voilà le diable qui pointe son nez et promet avant l’aube de lui construire un pont de pierres, à condition de prendre l’âme du premier passant. Marché conclu et au petit matin, le meunier malin lui met dans les pattes …un chat noir.

légende de Saint-Jaoua

Quasiment recouvert à marée haute, le pont reste un but de promenade paisible aujourd’hui. Mais notre légende préférée, c’est celle de Saint-Jaoua. L’histoire est inexistante : un curé meurt, on le met sur une charrette tirée par des bœufs, qui décident de s’arrêter à Plouvien et brisent leur carriole. Devant un tel miracle, on construisit une chapelle. Reste le lieu, une petite église de campagne au sol en terre battue, avec un Saint Michel en bois peint datant du 18e siècle, dont l’arrière montre encore le bois brut dont il est fait. Et plus loin, une extraordinaire fontaine de pierres, où surgit une source entourée de murs. Le charme des abers, c’est encore les nombreux moulins à eau qui ponctuent les rivières. Aujourd’hui la végétation, dont d’immenses gunéras, a envahi certains cours d’eau et ces moulins, comme le Moulin d’Avoine sur l’aber Benoit, ont été reconvertis en gîtes très confortables, certains disposant même d’un cours de tennis.

la mer se regarde plus qu’elle ne se baigne

Randonnées, comme celle organisée et commentée par Erwan Castel, le long de l’aber Wrac’h, visite des petites églises et découverte des grands menhirs, sculptures magnifiquement phalliques parfois surmontés d’une croix, comme le Men-Marz à Brignogan, les activités ne manquent pas, même si, avouons le, aussi belle soit-elle, au pays des abers, la mer se regarde plus qu’elle ne se baigne. D’où l’importance de bien choisir son hôtel. Deux adresses, de confort différent, justifient à elles seules le voyage. Le Castel Régis, à Brignogan, pour son salon de lecture quasiment dans la mer… et la villa des Anges, au Port de l’Aber Wrac’h, avec ses chambres plongeant sur la mer en contrebas, un point de vue idéal pour observer la tempête.

Sans doute plus encore que partout ailleurs en Bretagne, au pays des abers, il fait beau plusieurs fois par jour. Au petit matin, le brouillard est dense. Deux heures plus tard, le soleil est grand. Le lendemain, les rayons réveillent le dormeur paresseux. Puis le vent se lève et la pluie s’en mêle. Mais c’est dans la tempête que se révèle toute la beauté des lieux. Un vent à ne pas pouvoir grimper une côte ou à s’envoler en la descendant, les abers devenus blancs de houle, c’est à ce moment qu’il fait bon entrer dans une bonne auberge comme celle du Pont, au port de Paluden, sur l’Aber Wrac’h. Sur le thème de l’algues- mais bien d’autres choses aussi-, le chef propose ce jour là, une brochette de Saint Jacques et ses spaghettis d’algues crémeuses, accompagnée d’un gratin de champignons. L’accord est parfait. Et si l’algue vous dit, vous en saurez plus en vous rendant au port de Lanildut, où de petits bateaux rouge et bleu rapportent du large une étrange cargaison d’algues pêchées en mer, croquée dès son arrivée par de puissantes mâchoires mécaniques et aussitôt déversée dans de gros camions.

Un dernier tour sur la côte, plus au nord, permet de découvrir à Roscoff le plus exotique des jardins bretons, avant de s’embarquer pour une virée à l’île de Batz, quinze minutes de vedette et tout le charme insulaire, avec ses plages de sable blanc et son très beau jardin Georges Delasselle, un assureur parisien qui à la fin du 19e siècle a mené avec succès sa lutte contre les éléments contraires et fait pousser palmiers et plantes tropicales, plus de 2000 espèces qui bravent crânement le vent et la pluie. Et pourquoi pas, de retour sur terre, vous pouvez decider de poursuivre le voyage et d’embarquer pour l’Irlande.
Mais là c’est une autre histoire qui commence.

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