Journée trop courte ou trop chargée. Course contre la montre en permanence. Tête encombrée de listes de “choses à faire”. Mais d’où nous vient ce sentiment de ne jamais avoir assez de temps ?
Courir après le temps
Jara, agence de coaching
Séance individuelle à domicile de 3 heures
162€ + frais de déplacement ; ateliers d’organisation à plusieurs (2 heures, 30€)
tél : 01 64 46 07 24
www.agence-jara.com
Stéphanie Bujon et Laurence Einfalt
éd. Eyrolles, 10 €
Carl Honoré
éd. Marabout, 12€
La retraite, vous en avez rêvé. Fini les réunions qui s’éternisent et les heures perdues en transports en commun. À vous le temps libre, les heures à bouquiner, les journées entières à ne rien faire. Et pourtant, vous voilà débordé(e) entre le marché, les cours de dessin, le déjeuner avec Gabrielle, un passage au pressing, les petits monstres à récupérer à la sortie de l’école et à rendre à leurs parents à 19 heures, sans oublier le plombier que vous avez encore oublié d’appeler et vos billets pour Montpellier à aller chercher. Finalement, non, rien n’a changé, vous faites toujours partie de ceux qui ajouteraient bien quelques heures aux vingt-quatre de la journée !
LES MAL ORGANISÉ(E)SPremier point somme toute assez rassurant: être débordé n’est en aucun cas un défaut de naissance ni une malédiction mais un comportement acquis… donc modifiable. Du temps mal géré, une mauvaise organisation sont souvent en cause. Il y a ceux, comme Gérard, 60 ans, qui se perdent dans les projets. “J’ai toujours plein d’envies, d’idées. Cela va d’apprendre l’italien à me mettre à l’informatique, en passant par des cours de trompette ! Je papillonne sans m’y mettre vraiment.” D’autres accumulent les tâches, les moins drôles forcément, en les repoussant au lendemain. Sous le charmant nom de procrastination se cache peut-être un peu de paresse mais surtout une véritable peur de la critique ou de l’échec. “Je devais écrire un compte-rendu pour l’association dans laquelle je suis bénévole. J’avais une semaine, j’ai commencé vingt fois mais je l’ai écrit la veille”, avoue Liliane, 64 ans.
Et puis, il y a ceux qui se noient dans leur propre désordre. “Ça fait une semaine que je dois prendre rendez-vous avec mon dentiste”, se lamente Michèle, 67 ans. “Impossible de retrouver le papier sur lequel j’ai mis le numéro de téléphone, alors j’abandonne mais je continue de me le répéter à longueur de journée. Usant !” Laurence Einfalt, psychologue et coauteur de S’organiser, c’est facile !, apporte une autre explication. “Certaines personnes ne savent pas estimer de façon réaliste le temps. Ils vont souvent en passer trop pour des chosesqui n’en valent pas la peine. C’est souvent le lot des perfectionnistes qui fignolent sans fin, incapables d’avoir le moindre recul sur ce qu’ils font.”
LES INCAPABLES DE DIRE NONNotre rapport avec les autres peut également induire un sentiment d’étouffement. Si certains savent se préserver, d’autres se surchargent d’engagements et sont vite débordés. Ils diront “oui” quand il pensent “non” et se retrouveront embarqués dans toutes sortes d’activités qui ne les intéressent pas mais qui encombreront leur emploi du temps. Certains diront oui pour ne pas faire de la peine ou bien pour se sentir utile, comme Janine, 78 ans, qui ne dit jamais non pour garder ses petits-enfants. “J’ai toujours aidé tout le monde, rendu service à la famille, aux amis et collègues. C’est vrai qu’avec l’âge, j’ai très peur de ne plus servir à rien. Alors je ne refuse jamais, même si je sens bien que j’ai de moins en moins d’énergie. Mais quelle bonne raison de vivre ! Et puis, c’est toujours de l’amour.”
LES MALADES DU TEMPSPourquoi sommes-nous si nombreux à souffrir du manque de temps ? La réponse est peut-être dans ces quelques lignes de L’éloge de la lenteur de Carl Honoré. “Nous vivons toujours dans l’ombre de la plus grande échéance qui soit : la mort. Pas étonnant que nous trouvions le temps court et luttions pour que chaque moment compte.” Notre condition de mortel mais aussi la peur de la solitude nous entraînent dans ces tourbillons quotidiens et nous font vivre plus vite. Plus on vieillit, plus le temps qui reste diminue et plus il semble s’écouler à toute allure. Alors, on comble le vide, on remplit sa maison, sa journée et son temps de la même façon. Il est vrai que la société ne nous aide pas en nous proposant toujours plus d’activités et de loisirs. Mais n’oublions pas que ce temps qui semble continuellement nous faire défaut, c’est la durée de notre vie. Ni plus ni moins. Et c’est à nous de choisir ce que l’on veut en faire. “Si certains veulent remplir leur temps à tout prix quitte à être débordé, témoigne Laurence Einfalt, d’autres décident aussi de prendre le contre-pied. En s’autorisant à dire non. En décidant enfin de ce qui est important pour eux. En profitant de ce temps qui passe, pleinement.”
S’organiser en 10 pointsQuelques conseils de Laurence Einfalt, fondatrice, en 2004, de Jara, première agence de coaching en organisation personnelle, qui propose des séances d’accompagnement personnel à domicile.
■ Faire une chose à la fois mais la faire jusqu’au bout.
■ Se chronométrer pour réaliser le temps réel.
■ Soulager sa mémoire en notant dans un agenda.
■ Apprendre à dire non.
■ Gérer les choses par ordre d’importance.
■ Trier ce qui est important.
■ Admettre que vous avez besoin des autres.
■ Déléguer.
■ Jeter le superficiel.
■ Évaluer ce qui est possible et admettre ce qui ne l’est pas.