l’equateur, un peu de tout pour tous !
jeudi 03 juillet 2008
par Karin Filhoulaud

Sur un territoire moitié moins grand que celui de la France métropolitaine, l’Equateur propose une diversité de sites culturels et de paysages naturels exceptionnelle.

Certes, en Equateur, il y a les Galápagos à visiter, ces îles à la biodiversité extraordinaire, mais il n’y a pas que cela… « El continente » s’avère également passionnant à découvrir !

A Quito, la capitale…

C’est à Quito, à 2 850 mètres d’altitude que débute le voyage. Cette dynamique capitale fondée officiellement – les lieux furent habités avant par les Incas notamment - en 1534 par les Espagnols, offre un témoignage architectural superbe de l’époque coloniale. Le centre historique, classé par l’Unesco en 1978, rassemble en effet quantité de monuments religieux et civils de style hispanique. Des maisons traditionnelles blanches rehaussées de touches de couleurs vives, aux églises et monastères à la décoration souvent très chargée, le patrimoine architectural de Quito ne peut laisser insensible.

Vers l’« Oriente »

Si l’excursion à la Mitad del mundo, là où l’on a situé l’équateur, est symbolique – on peut y poser un pied dans chaque hémisphère ! – elle doit être rapide… car l’Amazonie attend ! Pour l’atteindre, il faut franchir les Andes vers l’Est. Autant dire que la route n’est pas de tout repos, mais elle st si belle. Au fur et à mesure que l’on monte, la végétation change. Elle devient rase, avant de disparaître… dans le brouillard : on a atteint le plus haut col à 4000 mètres qui a une fâcheuse tendance à retenir les nuages. En redescendant de l’autre côté, on passe à côté de villages aussi pauvres que sont rutilantes les installations pétrolifères… Certains voient dans cette région de l’or irisé, d’autre de l’or vert. Le nom de cette région contentera tout le monde : on pénètre effectivement dans l’Oriente !

Dans un autre univers, vert et humide, immense et si éloigné de nous d’ordinaire.

Fascinante Amazonie

Les deux ou trois jours que l’on s’octroie ici sont exceptionnels : balade en pirogue sur le Napo, l’un des plus importants affluents de l’Amazone ; excursion botanique et si exotique dans la forêt vierge ; visite d’un centre de réinsertion des animaux qui vous laisse vous imaginer explorateur au plein cœur de l’Amazonie… Il y a mieux encore pour s’imprégner de ce lieu mythique : descendre le fleuve assis, presque confortablement, sur une grande chambre à air ! Une nouvelle occasion d’admirer cette forêt impénétrable et qui paraît sans fin, d’écouter aussi cet espèce de vrombissement qui porterait presqu’à croire que l’Amazonie est une usine au naturel !

De volcan en volcan

Du vert, on passe au blanc, celui de la neige qui couvre le sommet du second plus haut volcan équatorien, le Cotopaxi (5 897 mètres). Il y en de nombreux autres… au point d’ailleurs d’avoir baptisé cette région l’Avenue des volcans !

C’est sur un insoupçonné plateau juste au pied du Cotopaxi, et devant un panorama à couper le souffle, que l’on fait une singulière promenade autour d’un lac improbable. Le vent fait plier les herbes et arbustes qui le défient et emportent loin des soucis des promeneurs qui se laissent très agréablement faire.

Le train du diable

C’est en train que l’on effectue la balade suivante, un peu plus au sud, dans un environnement très accidenté, minéral et sec. Cette ligne qui est devenue touristique, ralliait Quito au sud-ouest du pays, en passant par l’impressionnante Narine du diable. Si ce piton rocheux est l’aboutissement du périple, ça n’en est pourtant pas l’élément le plus spectaculaire. C’est le trajet à flanc de falaise et la superbe vue que l’on a sur le relief environnant qui charme les passagers installés sur le toit des wagons pour être au cœur de ces paysages grandioses.

Dans la campagne…

En continuant à descendre vers le sud, les paysages sont peut être moins exceptionnels mais plus riants. Des montagnes moins hautes, des collines même dont les sommets sont crénelés de silhouettes d’arbre comme en ombre chinoise sur fond de ciel. Des champs aussi qui se déroulent comme des rubans et au milieu des taches de couleurs vives, les ponchos des paysans. Dans les prés, ce sont des charolaises que l’on distingue.

Chez les Incas

Dans cet étonnant décor, montagnard et champêtre à la fois, apparaît au loin au sommet d’une énième douce colline une étrange bâtisse. Des murs arrondis sans presque d’ouvertures, une sorte de maisonnette au milieu… C’est un guide spécialiste des Incas qui dévoile pas à pas le mystère. Car il s’agit bien de vestiges de cet empire, les plus importants du pays. Les Incas ne vécurent en fait que 70 ans à Ingapirca, juste avant que l’Empire ne s’effondre complètement. Les lamas qui broutent très tranquillement aux abords et les murs aux jointures si fines : voilà des clichés… que l’on ne peut s’empêcher de prendre !

A Cuenca, des aborigènes aux Espagnols

Changement d’univers à nouveau. A Cuenca, dont le centre historique a été classé par l’Unesco, on retrouve la civilisation espagnole et ses vestiges architecturaux élégants, ses deux cathédrales notamment, l’une en face de l’autre. La plus ancienne, à l’extérieur blanc immaculé et à l’intérieur tout peint en trompe l’œil, est pour le moins originale. La nouvelle ne l’est finalement pas moins avec ses portails de marbre rose local, ses briques de la même teinte et ses trois coupoles bleu ciel ! Entre les deux, une place verdoyante et tout autour des maisons traditionnelles bicolores : blanches et jaunes, moutarde, bleues, vertes… Le musée des cultures aborigènes s’intéresse aux temps ancestraux qui remontent à bien avant la période inca, et dont on ignore souvent tout. Un manque comblé grâce aux explications détaillées de la guide qui rendent ces peuples plus proches de nous… une proximité sans doute aussi créée par le fait que nombre d’objets sont délibérément laissés à l’air libre, presqu’à portée de mains !

Sur les marchés, de l’authentique !

Sur les marchés des environs, tout est là tout à fait touchable ! Les bijoux précieux par exemple au village de Chordeleg spécialisé dans le travail de l’or et de l’argent. A Cualaceo, les couleurs éclatent sur les étales bien sûr mais aussi sur les femmes qui portent des jupes froncées très colorées et sont coiffées de longues nattes noires. C’est l’occasion de se faire expliquer la fabrication des chapeaux de Panama (d’Equateur en fait) qui sont produits dans la région. La possibilité aussi de goûter au porc rôti présenté entier sur les étalages et selon la demande dépecé peu à peu.

En passant par les plantations

La nature à nouveau, sauvage et superbe : pour rallier Cuenca à Guayaquil, étape suivante du périple, on traverse le parc naturel El Cajas, jalonné de nombreux lacs blottis dans les replis de cette modeste chaîne de montagnes.

La route entame ensuite sa descente et ne remontera plus. Les paysages escarpés disparaissent pour laisser place à la plaine côtière. Très agricole, elle dévoile un autre aspect encore de l’Equateur : plantations de bananes, ananas, cacao… se succèdent pendant des kilomètres. Certaines, de bananes notamment, se visitent. De la pousse du bananier à l’emballage de ses fruits, on suit tout le processus, étape par étape. L’exportation s’organise à Guayaquil, la capitale économique de l’Equateur où l’on se rend ensuite.

Guayaquil, la moderne

La ville se veut moderne et l’affiche, notamment au travers de ses quais entièrement réaménagés. Ils offrent sur 3 km une belle balade le long du large fleuve Guayas. Appelé le Malecón (la jetée), ils sont jalonnés de structures modernes et aériennes, rouges et blanches d’inspiration marine. A certains endroits, le quai s’ouvre sur d’étonnants bâtiments tels que le Cristal Palace dont la structure métallique supporte une couverture toute transparente. Le Maac est un autre exemple : de style moderne, il abrite, au niveau de la surface du fleuve, une exposition permanente et réussie sur l’histoire de l’Equateur, ainsi que des expositions d’art moderne. Tout au bout du Malecon, le Cerro, une colline dont une des rues a été restaurée propose une balade dans le passé de la ville. Sur chaque maisonnette impeccablement rénovée, on peut regarder la photo de son état d’origine. Guayaquil compte bien entendu certains bâtiments de qualité, mais ce sont peut-être ses parcs qui offrent le plus d’intérêts pour les touristes : le plus central accueille des iguanes la plupart du temps comme prostrés. Le plus éclectique, le Parc historique, rassemble une sorte de zoo-conservatoire des espèces en danger, une zone consacrée à l’architecture locale avec des exemples grandeur nature, et un espace d’animation dédié aux traditions.

Pêche miraculeuse ?

Celle de la pêche au gros dans le Pacific n’est peut-être pas très ancienne, mais s’est imposée. Au large de Salinas, une station balnéaire réputée, on peut aller se mesurer aux thons, espadons et autres daurades… Cette activité demande de la patience, de la réactivité quand enfin le poisson s’est laissé tenter par l’hameçon, puis une sacrée poigne pour le ferrer et le ramener à bord ! Victoire ! Et l’on se demande, à l’issue de ce voyage, si ce n’est pas plutôt l’Equateur qui pourrait pousser ce cri… n’est-ce pas lui, sa diversité culturelle et naturelle, qui réussit à séduire tous ses visiteurs ?

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