Quelques explications scientifiques sur l'entraînement de la mémoire avec le Dr Marc Schwob*, psychiatre.
Sénior Plus : La mémoire qui flanche, on peut la corriger ?
Dr Marc Schwob : Bien sûr. Hormis pour la maladie d’Alzheimer et associés, les oublis et pertes de mémoire signifient que le cerveau manque de sollicitations. Des études ont d’ailleurs montré que ces troubles sont de moins en moins fréquents chez les personnes âgées parce qu’elles sont plus actives qu’autrefois.
SP : Le sommeil a un rôle essentiel ?
Dr M.S : Oui et en particulier le sommeil paradoxal. C’est la phase du sommeil où l’on consolide ses acquis. Les somnifères altèrent profondément ces phases du sommeil, qui ont lieu toutes les 90 mn. D’où le risque d’avoir des troubles de la mémoire immédiate. Si on dort sans somnifères, on a plus de chances de se réveiller l’esprit alerte. De plus, si vous apprenez quelque chose avant de dormir (une poésie par exemple), non seulement vous la retiendrez bien mais vous dormirez mieux. Sommeil et mémoire marchent en binôme.
SP : L’alimentation ?
Dr M.S. : C’est très important pour le cerveau. En deux mots, il faut réduire la consommation de sucres, éliminer les viandes grasses, préférer les fruits de mer, privilégier les fruits et les légumes. Et bien sûr éviter l’alcool, qui, à terme, produit des lésions irréversibles sur notre mémoire sémantique.
SP : Le sport ?
Dr M.S : Une marche matin et soir d’au moins une demi-heure est indispensable pour « aérer son cerveau ». L’activité sportive améliore le système vasculaire, protège les artères. Idéal pour le cœur et la détente, la natation est le meilleur sport pour la mémoire.
SP : Les jeux ?
Dr M.S : Oui, un neurone entretenu disparaît moins facilement qu’un neurone paresseux
Tous les jeux (bridge, mots croisés, ou des tests comme, par exemple, ceux du site www.happyneuron.fr (payant) sont excellents pour entraîner sa mémoire en s’amusant.
Mais également tout ce qui contribue à communiquer avec autrui par écrit, par oral, sur internet.
SP : Le moral ?
Dr M.S: La mémorisation s’effectue mieux chez les gens heureux que chez les tristes ou déprimés. Car les neurotransmetteurs comme la sérotonine, libérée lors des émotions gaies agissent sur les neurones. Inversement, les grands stressés produisent des glucocorticoïdes qui altèrent l’hippocampe, organe orchestre du cerveau.
SP : Les voyages ?
Dr M.S : Si on le peut, les voyages organisés sont des moments de stimuli intenses pour la mémoire. Plaisir de tous les sens, source de rencontres et d’échanges, les voyages entretiennent… la vieillesse.
*Dr Marc Schwob, psychiatre auteur de "La mémoire, comment la conserver et la développer", Odile Jacob, 2004.
"Les rythmes du corps", Odile Jacob, 2007.
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