La recherche sur le cerveau progresse. Nous permettra-t-elle un jour à tous de préserver notre mémoire toute la vie ?
Demain un cerveau toujours en forme ?
A quoi sert le Neurodon ?
C’est un soutien financier à la recherche
La FRC (Fédération de la Recherche sur le Cerveau) fédère les grandes associations* qui représentent les 1,5 millions de patients dont les maladies sont liées au cerveau.
(Alzheimer, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie).
Sans compter les AVC (accidents vasculaires cérébraux), les maladies psychiatriques…
Si vous souhaitez envoyer un don par courrier : FRC, 9, ave Percier, 75008 Paris.
Depuis 5 ans : plus de 2 millions d’euros et 90 équipes ont bénéficié des dons.
*Association France Parkinson, France Alzheimer, Pour la recherche sur la Sclérose en plaques, Pour la Recherche sur la Sclérose Latérale Amyotrophique ainsi que la Fondation Française pour la Recherche sur l’Epilepsie,
Les maladies du cerveau toucheraient 14 millions de personnes. Le succès du Neurodon, qui pour sa 8è édition collecte des fonds en faveur de la recherche sur le cerveau, prouve que les Français intègrent mieux l’importance de l’enjeu.
Contre l’âge, l’activité
Au centre des travaux de recherche sur le vieillissement du cerveau : le neurone. Contrairement à la conception ancienne qui voulait que le cerveau, une fois « mature », reste « figé », on sait aujourd’hui qu’il a une certaine plasticité, qu’il peut s’enrichir et se réparer. A tout âge, en effet, des connexions nouvelles entre les neurones se créent en fonction de ce que l’on apprend et de ce que l’on vit. On peut donc ralentir le vieillissement normal de son cerveau par l’activité. « Plus que n’importe quel traitement, la stimulation cérébrale quotidienne est au cœur de la lutte anti-âge », nous explique le Pr Etienne Hirsch*, neurobiologiste et Président du conseil scientifique de la Fédération de la Recherche sur le Cerveau (FRC).
Quand les chercheurs parlent d’avoir une bonne « activité cérébrale», ils ne suggèrent pas de faire des mots croisés tous les jours mais plutôt d’avoir une vie sociale, de faire des rencontres, de discuter, de s’occuper des autres, d’être créatifs, de faire du sport, de voyager, d’avoir des loisirs… Tout simplement de vivre, le grand danger pour la santé de la mémoire étant de se replier sur soi.
Quels espoirs pour les maladies de la mémoire
Selon le Pr E. Hirsch, « à risque égal, celui qui a eu une activité cérébrale importante, n’échappera pas à une maladie d’Alzheimer si elle doit se produire mais il s’en défendra mieux et elle apparaîtra plus tard ».
On n’a pas encore trouvé les moyens d’éviter cette maladie qui altère profondément la mémoire. Les médicaments actuels corrigent les symptômes mais ne ralentissent pas la dégénérescence.
« Aujourd’hui une des stratégies de recherche est de mieux comprendre les mécanismes de la plasticité cérébrale. On pourrait ainsi stimuler d’autres circuits de neurones pour compenser les pertes», nous explique le Dr Catherine Vidal**, neurobiologiste à l’Institut Pasteur. L’origine de la maladie d’Alzheimer est encore inconnue. On sait qu’elle est multifactorielle. « La biologie n’explique pas tout. Le mode de vie, l’alimentation, l’environnement, la culture...y sont aussi impliqués. En France, par exemple, les femmes sont plus touchées que les hommes alors qu’aux Etats-Unis, hommes et femmes se retrouvent à égalité devant la maladie», commente le Dr Catherine Vidal.
Effets secondaires très lourds
On a découvert les responsables de la disparition des neurones: ce sont des protéines anormales qui s’accumulent dans le cerveau. L’autre stratégie de recherche est donc de pouvoir les bloquer soit par un vaccin, soit par des médicaments. La piste du vaccin pour des patients en début de maladie est suivie par des équipes américaines. La difficulté est d’éviter les effets secondaires très lourds qui ont marqué les premiers essais.
L’autre espoir de la recherche – et tous les grands laboratoires y travaillent - est de trouver des molécules qui vont stopper, le plus tôt possible, l’accumulation de ces protéines.
« Mais les moyens sont limités. Et nous avons besoin d’accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche clinique chez l’Homme. C’est l’intérêt du Neurodon de montrer que la recherche doit être transversale et soutenue par les Français », conclut le Pr E.Hirsch.
*Pr Etienne Hirsch, neurobiologiste Pitié-Salpétrière, Président du conseil scientifique de la FRC (Fédération de la Recherche sur le Cerveau) et Président de la commission scientifique des neurosciences à l’Inserm.
** Dr Catherine Vidal, neurobiologiste, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur.
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