Modèles multiples, situations familiales complexes… La place des grands-parents n’est pas toujours facile à prendre. Quelques pistes pour trouver la bonne distance.
À Noël, cette année, nous sommes allés chez bon-papa en Bretagne avec papa et ma belle-mère. Il y avait aussi Manou, ma grand-mère, qui a été la femme de bon-papa et Didier, le mari de Manou… ça faisait beaucoup de cadeaux !”, se souvient Eva, 10 ans. “Entre le divorce des parents et celui des grands-parents, les réunions de famille sont parfois compliquées, même si certains grands-parents se réconcilient avec l’arrivée des petits-enfants”, constate Annie Oger, psychothérapeute, grand-mère de Bastien, 11 ans, et d’Antoine, 8 ans. “Je suis une grand-mère paternelle, donc moins sollicitée, car les mères ont tendance à confier d’abord leurs enfants à leurs propres mères. Je travaille encore et je vis à Paris alors que mes petits-enfants habitent en province”, résume-t-elle. Mais le lien affectif ne dépend pas forcément de la disponibilité et de la proximité géographique des grands-parents. “Ce qui est important, c’est de s’occuper d’eux dès la naissance. Je n’ai pas gardé mon petit-fils aîné quand il était bébé et ma relation avec lui se construit plus lentement qu’avec le second. Mais ce retard se rattrape avec les années”, remarque Annie dont les priorités en tant que grand-mère sont la transmission de l’histoire familiale et l’ouverture à l’Autre par l’approche des religions, de la sexualité… “Toutefois, il n’est pas question d’aborder des sujets aussi sérieux sans en référer d’abord aux parents”, précise-t-elle, se gardant bien d’influencer l’éducation de ses petits-enfants.
La limite est parfois ténue et certains grands-parents, très envahissants, provoquent des conflits familiaux. Mais, plus généralement, les grands-parents ont un rôle de pondération, surtout en cas de divorce. “Dans les familles où les grands-parents sont présents, on constate beaucoup moins de violence”, explique Annie Oger. Les grands-parents peuvent aussi être victimes du divorce de leurs enfants, en se voyant privés de leurs petitsenfants. En France, diverses associations, comme l’École des grands-parents européens (EGPE), créée en 1994, dispensent soutien et conseils dans ces situations difficiles.
Les adolescents et leurs grands-parents s’entendent très bien. C’est en tout cas la conclusion d’une enquête réalisée en 2OO6, dans toute la France, par la FNEPE (Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs), auprès de 500 collégiens et lycéens et 300 grands-parents. Toutefois, quand on demande aux deux générations ce qu’elles pensent l’une de l’autre, les résultats diffèrent quelque peu… À la question “les vieilles personnes, tu en dis quoi ?”, la quasi-totalité des ados répond volontiers : “sympa, cool”, tout en soulignant les problèmes relatifs à l’avancée en âge (“ils ont oublié ce que c’est que d’être jeune”). À la question parallèle concernant les adolescents, 20% seulement des grands-parents font une réponse positive (“ils sont la relève, la vie”) et 38% négative (“glandeurs, pas de valeurs”). Le reste ne se prononce pas… Les adolescents seraient-ils plus indulgents que leurs grands-parents ?