Comme Richard Anthony, à qui il est souvent comparé, Frank Alamo a connu le succès dans les années 60 avec biche ô ma biche ! Mais qu’est-il devenu ? Retour sur un parcours pas banal !
Pas franchement une gravure de mode !
Frank Alamo, de son vrai nom Jean-François Grandin (comme les télés, mais nous y reviendrons), est né le 12 octobre 1941 à Paris.
Sa carrière musicale débute avec les tonitruants "Petits chanteurs à la croix de bois". Destiné comme son père à une carrière d'industriel, le jeune homme va changer de cap. Après son école de commerce "pour faire comme papa", et ses 4 années de droit, il est envoyé à Londres pour apprendre la langue de Shakespeare. Frank y apprend surtout à chanter et à gratouiller la guitare, se produisant un peu partout (selon la légende) avec un petit orchestre qui deviendra plus tard le célèbre Cliff Richard & The Shadows.
De retour à Paris, il chante régulièrement le soir à L'épi Club, une boîte de Montparnasse, où de nombreuses pointures locales viennent le voir, notamment Henri Salvador ou Sacha Distel. En 1962, il attire l'attention d'Eddie Barclay, qui souhaite le signer. Alamo refuse une première fois. Ses études ne sont pas terminées et ses parents ne souhaitent guère voir leur fils s'engager dans la chansonnette. Une nouvelle opportunité se présente un an plus tard. Cette fois, Franck Alamo fonce tête baissée (contre l’avis familial) !
Frank enregistre son premier 45t, "Loop de loop" suivi quelques temps plus tard du célèbre "Biche ô ma biche". Une chanson originale donnée à Frank par le compositeur Mort Shuman.
N°1 des ventes simultanément en France, en Belgique, en Suisse, au Canada et même au Brésil...c'est plus qu'un triomphe ! La scène de L'Olympia s'ouvre à lui, d'abord en compagnie de Pétula Clarc et Sylvie Vartan puis, seul en tête d'affiche. Il enchaîne avec des reprises (sans intérêt) des Beatles « je me bats pour gagner » (A Hard Day's Night) et « Je veux tenir ta main » (traduction presque mot à mot de I Want to Hold Your Hand). Poussé par son ami Patrick Villaret et son directeur artistique Léo Missir, il enregistra plusieurs chansons originales françaises qui ne connurent pas le succès des adaptations anglo-saxonnes.
Un touche à tout viscéralLes galas s'enchaînent, entre 1963 et 1969 (année érotique), où Alamo se marie et abandonne la chanson, sur ordre de son épouse (et sûrement, plus officieusement, sur demande de ses producteurs). Après un intermède comme photographe professionnel, il reprend les rennes de la boîte paternelle. En effet, en 1973, l’industriel Raymond Grandin (les téléviseurs et transistors) disparaît mystérieusement en mer au large du Maroc. On ne le retrouvera jamais.
Obligé d’abandonner la photo, il doit s’occuper des affaires du papa et ses anciennes études lui sont alors bien utiles. Il arrive de justesse à éviter la catastrophe lorsque les banques, affolées par la disparition du patriarche, décident brutalement de retirer leur concours. Il lui faudra 5 années pour "sauver les meubles". En 1978, il reprend la photographie. Son studio "le studio Berger", est souvent utilisé par les journaux, notamment Podium (le journal de Claude François), Mode internationale (le journal de Gunnar Larsen) et le mensuel Lui .
Son métier lui donne surtout l’occasion de "se la couler douce" dans les plus beaux endroits du monde : Maldives, Seychelles, Tahiti, Mer rouge..
En 1979, à l’occasion d’un reportage photo, il découvre à Bangkok une machine révolutionnaire capable de développer les photos couleur sur papier en une heure. Il prend l’exclusivité pour de nombreux pays dont la France et commercialise ce matériel avec 4 ans d’avance sur la concurrence éventuelle.
En 1983, ses concurrents vendant un matériel similaire, bien que moins performant, au prix du bénéfice qu’il réalisait sur chacune de ses machines, il décida de vendre son affaire.
Six mois plus tard, voulant remplacer sa vieille Méhari, ce passionné d'auto (voir photo) découvre par hasard une petite jeep conduite par une belle blonde. Il poursuit la fille, la rattrape et l’invite à déjeuner. Elle l’accompagne à Neuilly chez le constructeur.
Il n’achète pas une voiture mais l’usine et devient en 2 ans le troisième constructeur français, avec la fameuse jeep Dallas.
En 1996, il croise la route de Stone (de Stone Et Charden), et Monty, deux autres vedettes des sixties avec lesquelles il fonde un trio et se produit sur scène jusqu'à l'aube des années 2000.
A compter de 2006, Frank Alamo rejoint la tournée "Âge tendre et têtes de bois", aux côtés de Richard Anthony, Stone Et Charden, Michèle Torr, Annie Cordy, Patrick Juvet ou Herbert Léonard. Les galas se poursuivent jusqu'en 2009.
Autant d'occasions pour l'inoxydable Frank Alamo de réinterpréter "Biche ô ma biche" pour la 2205896éme fois !