Pour tous les wagnériens, un « ring » d’anthologie sous la baguette de Keilberth. L’événement lyrique de ce début d’année 2008. Ce qui nous permet de revenir sur l'une des plus grandes oeuvres de l'Histoire de la musique et de l'Art en général.
1955 : Ring d'anthologie au Festival de Bayreuth avec la crème du chant wagnérien de l'époque. Avec un son d'une qualité sidérante, ce chapitre essentiel de l'histoire du chant wagnérien est enfin disponible dans toute sa vérité dramatique - le miracle des live de Bayreuth... Longtemps, la version de studio de Solti, au demeurant superbe, fit de l'ombre à la gravure de Joseph Keilberth. Découvrez le grand frisson de l’opéra de Bayreuth, comme si vous y étiez !
Par H. Hotter, A. Varnay, G. Brouwenstijn, R. Vinay, W. Windgassen, J. Greindl, etc. Orchestre du Festival de Bayreuth 1955, dir. Joseph Keilberth. 14 CD. Testament/Abeille
Un site magnifique et très graphique sur la tétralogie:
www.free.fr/ringsite
Plus général:
richardwagner.free.fr
Quatre opéras pour un épopée musicale magistrale: L'or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le crépuscule des dieux.
Ainsi commence son histoire: Trois jeunes ondines batifolent dans les eaux du Rhin. Alberich, un nain de Nibelung, apparaît soudain des profondeurs de la terre et tente de les séduire. Frappées par sa laideur, les filles du Rhin se moquent de ses avances. Il remarque alors un éclat doré qui provient d'un rocher. C'est l'or du Rhin, bien précieux gardées par les ondines.Celui qui renonce à l'amour peut en faire un anneau magique, qui permettra à son porteur de régner sur le monde. Maudissant l'amour, le nain lubrique s'empare de l'or...Le cycle infernal du chaos est désormais lancé...
L'idée de départ concernant le déroulement du "ring", est de réunir des oeuvres de sources différentes (issues de la mythologie scandinave: Poèmes de l'Edda), pour les amalgamer et créer ainsi une nouvelle unité. Wagner propose en fait dans sa tétralogie une vision décalée de son siècle, celui des utopies socialistes et de l'élaboration d'un homme nouveau.
Le vingt-et-unième siècle ne pouvant plus le concevoir aujourd'hui, sans clonage ou répliquant. Il est à noter que deux des plus grands succès du cinéma populaire américain, la guerre des étoiles et le seigneur des anneaux (d’après Tolkien) reprennent sans vergogne tout le contenu du ring, en le vulgarisant au maximum.
Les 14 heures de musique vagabondent entre métaphysique générale et subversion larvée en rabaissant la puissance divine pour exalter celle de l'homme. En dépit de sa masse imposante, l'anneau reste une oeuvre d' une parfaite unité pour l'esprit et le style, même s'il on peut considérer que le dernier acte de Siegfried et "le crépuscule" sont moins réussies.
Avec Wagner, les opéras (ses drames lyriques) ne sont plus des suites d'arias ou de duos classiques. Il s’emploie, depuis le "Vaisseau fantôme", a créer des motifs thématiques (leitmotiv) qui "blasonnent" les personnages, les situations et les sentiments. Magnifique idée pour l'illustration musicale d'un cycle comme "le ring", que cette somme de thèmes musicaux enivrants qui agissent sur le spectateur à la façon d'une drogue douce, d'un stupéfiant entêtant dont les effets sont perpétuellement renouvelés selon les variations de l'intrigue.
Wagner est sans doute le compositeur le plus visionnaire de l’histoire…Une redécouverte du ring en live à Bayreuth, ne pourra que vous conforter dans cette idée !