À 41 ans, Natalie (sans “h”, en hommage discret à Natalie Wood) Dessay est devenue la moins diva et la plus populaire des cantatrices françaises.
Rencontre à Paris.
Natalie Dessay
Le miracle d’une voix
DVD Virgin Classics, 19,99€
Après avoir étudié le théâtre, Natalie Dessay se lance dans le chant dès le début des années 90. D’audition en engagement, elle a été remarquée en 1992, à l’Opéra Bastille, dans Les contes d’Hoffmann d’Offenbach. En 1994, elle signe son premier disque. Puis vient la consécration dans plusieurs productions de haute volée : La flûte enchantée de Mozart, Lakmé de Delibes, Lucie de Lammermoor de Donizetti... Elle a su, au fil des années, élargir sensiblement son répertoire. Grâce à son souci de perfection, son extraordinaire polyvalence musicale, ses qualités d’actrice et sa modestie, Natalie séduit les mélomanes du monde entier.
Quels ont été vos premiers émois musicaux ?
Ce ne fut pas la musique pure mais plutôt le ballet car, enfant, j’ai d’abord appris à danser. J’ai adoré en particulier le drame chorégraphique Schéhérazade de Rimsky- Korsakov, au Grand Théâtre de Bordeaux.
Qu’est-ce qui vous pousse depuis quelque temps à limiter vos apparitions sur scène ?
Il n’y a pas que l’aigu dans la vie ! Ce que nous faisons est une passion mais ce n’est qu’un métier et il faut savoir vivre par ailleurs, ne serait-ce que pour nourrir ce métier. Que vous a apporté votre expérience du théâtre ? La conscience de l’espace, la conscience du corps dans l’espace, la conscience du texte aussi car, à l’opéra, on oublie souvent qu’il y a un texte et nombre de chanteurs ne font que du son. Ces différents degrés de conscience permettent de raconter une histoire, une émotion. Il ne faut pas se contenter de faire mais d’être.
Qu’attendez-vous d’un metteur en scène ?
J’attends qu’il soit passionné par son travail, qu’il soit transporté par la direction d’acteurs, qu’il soit vraiment bien préparé et qu’il tire le meilleur de nous-mêmes.
Pourquoi avez-vous abandonné le rôle de la Reine de la Nuit qui vous a rendue célèbre pour celui de Pamina dans La flûte enchantée ?
Je voulais savoir ce que cela faisait d’être en face de la Reine de la Nuit. J’aime aussi beaucoup ce rôle et cette musique. J’avais des choses à dire et je trouve que les Pamina sont souvent très mièvres. J’ai chanté une Pamina qui n’était ni mièvre ni ennuyeuse. C’est un très joli rôle que j’ai pris beaucoup de plaisir à chanter. Il ne suffit pas d’être seulement pyrotechnique mais fragile, sensible… en un mot, humaine !
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